Réduire notre empreinte carbone, moins dépendre des énergies non renouvelables, mieux gérer nos déchets et enfin valoriser certaines ressources inexploitées : autant de défis qui poussent la chimie à se réinventer !
Vers une chimie plus responsable ?
Derrière des concepts tels que ceux d’économie circulaire, de chimie verte ou encore d’écoconception, la discipline entend répondre aux grands enjeux du siècle tout en réduisant les risques de pollution et les dommages pour la santé et l’environnement. Découvrez comment Safic-Alcan s’engage dans la transformation de la filière en tant que distributeur de spécialités.
À l’échelle du monde, la population augmente, vieillit… et améliore son niveau de vie. Or, dans le contexte du changement climatique et de l’érosion de la biodiversité, la hausse de la demande accélère la déplétion des ressources naturelles et accentue les tensions qui les entouraient déjà et les inégalités nées de la mondialisation. C’est pourquoi la chimie, déjà centrale dans notre société post-industrielle, devient chaque jour un peu plus stratégique.
La chimie verte, pilier d’une économie durable
Lorsque la notion de développement durable émerge à la fin des années 1980, la chimie n’est pas en reste. Elle aussi réfléchit à un « développement qui répond[e] aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Ainsi, l’initiative Responsible Care® apparait en 1985. Cette charte mondiale, dont Safic-Alcan est signataire, met également l’accent sur l’amélioration continue en termes de sûreté, santé, qualité et environnement.
Le terme « chimie verte » (green chemistry) fait son apparition peu après avec la volonté de « réduire ou d’éliminer l’utilisation et la synthèse de substances dangereuses » liées aux activités chimiques grâce à 12 principes.
Dans la lignée de ces ambitions, les prix Pierre Potier, portés par la Fondation de la Maison de la Chimie et France Chimie, récompensent les innovations des entreprises de la Chimie en faveur du développement durable. Parmi les lauréats 2022, la société SurfactGreen, dont nous assurons la distribution aux Etats-Unis et dans certains pays d’Europe, pour le développement des tensioactifs CosmeGreen™ pour l’industrie cosmétique.
Eco-conception : une question de produits et de procédés
Contrairement à ce que son nom peut sembler indiquer, la chimie verte englobe la chimie végétale mais ne se limite pas à elle. Si les molécules biosourcées présentent une forte valeur ajoutée, elles ne sont pas disponibles en quantité suffisante pour répondre à tous nos besoins.
Découvrir les produits biosourcés de nos fournisseurs « Industrial Specialities »
C’est pourquoi nous défendons chez Safic-Alcan la recherche d’un équilibre entre un approvisionnement raisonné en ingrédients naturels et des produits synthétiques respectueux de la santé et de l’environnement. Au-delà de cette approche pragmatique de la chimie responsable, il nous semble crucial d’adopter une vision globale de l’impact des produits.
Le recours à l’analyse du cycle de vie (process ACV ou LCA pour life-cycle assessment) permet par exemple de ne pas limiter notre vision à la réduction des émissions carbone. Ce process, certes lourd et compliqué, a l’avantage de présenter les impacts tout au long du cycle de vie du produit, de l’extraction des matières premières à son recyclage éventuel, sans oublier les étapes d’usage, de maintenance, de transport.
Le référentiel d’évaluation de la durabilité du portfolio PSA (Portfolio Sustainability Assessment), publié en 2018 par le conseil mondial des entreprises pour le développement durable (World Business Council for Sustainability Development, WBCSD), propose également une méthodologie aux entreprises du secteur de la chimie pour évaluer cette dimension au sein de leurs portfolios.
Dans les deux cas, il s’agit d’outils d’aide à la décision permettant de mieux comprendre les impacts positifs comme négatifs des produits. Concrètement, cela peut se déboucher dans le champ de la cosmétique sur des formulations plus concentrées ou solides pour utiliser moins d’eau, un packaging plus petit, des produits multifonctionnels, etc.
Dans l’industrie automobile ou celle des revêtements, il peut s’agir d’alléger les véhicules ou de réduire l’emploi de matières premières fossiles au profit de substances biosourcées et/ou recyclées, tout en maintenant un niveau de performance équivalent.
Les 5 étapes de l’écoconception en cosmétique
Un secteur et une réglementation en mouvement
Ces dernières années, de nombreuses initiatives ont vu le jour dans le champ de la responsabilité sociale et environnementale (RSE) des entreprises. Ce mouvement s’étend au-delà de l’industrie chimique comme le montre l’exemple de la campagne française « Réparons, Réutilisons, Recyclons, Réduisons #RRRR » dans le secteur textile. Il s’inscrit dans la lignée des 7 piliers de l’économie circulaire et des Objectifs de Développement Durable (ODD) adoptés par les Nations Unies en 2015. Ces grilles de lecture permettent aux associations et aux entreprises de partager un même langage et des ambitions communes.
La réglementation évolue elle aussi et permet de structurer et de fédérer les organisations engagées dans une démarche de développement durable.
Ainsi, la Commission Européenne prévoit une révision du règlement REACH, entré en vigueur le 1er juin 2007, dans le cadre du pacte vert pour l’Europe. Repoussée à fin 2023, cette évolution réglementaire vise notamment à mieux identifier les substances dangereuses et à intégrer la notion d’effet cocktail pour accroitre la sûreté des citoyens européens et garantir un environnement exempt de substances toxiques.
Ce projet fait partie de la stratégie européenne pour la durabilité dans le domaine des produits chimiques et répond à des attentes croissantes de la part des parties prenantes. Dans tous les domaines, investisseurs, collaborateurs, clients, fournisseurs et consommateurs demandent plus de transparence. La nouvelle directive européenne CSRD entrera ainsi en vigueur en 2024 et permettra aux entreprises d’harmoniser leurs pratiques en matière de reporting extrafinancier.

Chimie responsable : quel rôle pour la distribution ?
Comme le souligne le cabinet Deloitte dans cette note, le rôle de la distribution est primordial dans la démarche de transition du secteur chimique. Les distributeurs vont en effet dans les prochaines années devoir revoir l’architecture des coûts des chaînes d’approvisionnement ainsi que leur empreinte environnementale. Chez Safic-Alcan, nous considérons que nous sommes idéalement positionnés pour établir un « lien durable » entre nos commettants et nos clients.
Nous avons à cœur de mieux comprendre nos impacts et de renforcer le dialogue entre tous nos partenaires pour améliorer nos produits et solutions. Cette démarche de collaboration et d’amélioration continue, indispensable pour répondre aux besoins et enjeux de nos marchés, s’appuie sur 3 piliers:
Adapter notre offre
Afin d’aider nos clients à minimiser les impacts négatifs de leurs produits et à en maximiser les impacts positifs, nous nous efforçons de renforcer notre portefeuille de produits en collaborant avec des fournisseurs engagés, proposant des solutions responsables et innovantes. Certains d’entre eux développent par exemple des produits biosourcés certifiés ISCC+ alternatifs à ceux d’origine fossile.
La sélection de nos partenaires ou le choix de nos nouveaux produits sont également des éléments indispensables pour répondre aux attentes croissantes de nos marchés. Nous développons enfin des partenariats internes et externes pour favoriser l’écoconception et la co-création dans les démarches d’innovation. Nous avons par exemple organisé pour nos clients en France un séminaire dédié à l’écoconception en cosmétique le 5 juillet 2022 à Paris. Une démarche partenariale et collaborative qui crée de la valeur à travers des solutions innovantes et responsables.
Tendre vers plus de transparence
En tant que distributeur, notre rôle est de collecter auprès de nos fournisseurs les informations qui permettront à nos clients d’évaluer l’impact environnemental et sociétal de leurs produits. Une tâche ardue au vu de la complexité de certaines chaînes d’approvisionnement et pourtant indispensable pour répondre aux exigences de traçabilité.
S’engager dans des processus ACV représente un vrai investissement pour nos partenaires car il existe parfois un décalage entre les attentes d’information et les méthodes ou les pratiques en place pour la collecter. Cela renforce le besoin de structuration de nos métiers : mettre en place des référentiels communs, partager des méthodologies harmonisées crée de la valeur et débouche sur des communications concrètes, crédibles et alignées avec les objectifs de développement durable .Pauline Chary, responsable ESG (Environnement, Social et Gouvernance) Groupe
Engager nos fournisseurs
Le recueil de ces données produits et ACV est l’occasion de constater le niveau de maturité très hétérogène de nos fournisseurs sur ces questions. Nous estimons qu’il est de notre responsabilité de renforcer nos échanges et notre collaboration avec eux afin de développer notre compréhension commune des aspects de durabilité du portefeuille de produits. En tant que lien durable entre nos fournisseurs et nos clients, nous soutenons également leurs engagements envers des solutions responsables et circulaires, de façon à construire ensemble une chaîne de valeur plus vertueuse : mieux produire, mieux consommer et mieux gérer la fin de vie des produits.
Conclusion
En définitive, l’ambition derrière le concept de chimie responsable n’est pas tant de trouver l’équation parfaite entre efficacité, prix et réduction des risques mais d’aboutir au compromis le plus en ligne avec les engagements sociaux et environnementaux des entreprises. Le tout sans perdre de vue l’impératif de performance économique, nécessaire à l’investissement en recherche et en innovation. Chez Safic-Alcan, nous sommes convaincus que les solutions réellement durables ne pourront émerger que grâce à la mobilisation de chaque maillon de la chaîne (chimistes, chercheurs, distributeurs, fabricants, consommateurs, législateurs, investisseurs).




